Europe
27 septembre 2026 : l’Europe met fin aux promesses vertes sans preuve
Se dire « bon pour la biodiversité » auprès des consommateurs n’est plus permis sans pouvoir le démontrer
Par l'équipe GREENSGIVE · 2 min de lecture
À qui s’adresse cette directive ?
À toutes les entreprises qui parlent aux consommateurs, de l’auto-entrepreneur à la multinationale, sans exemption pour les petites structures. Elle vise leur publicité, leurs emballages, leur site et leurs réseaux sociaux. En revanche, les échanges entre professionnels, les missions publiques des collectivités et des États, ainsi que les associations sans activité commerciale, n’entrent pas dans son champ.
Que change-t-elle ?
Depuis le 27 septembre 2026, la directive européenne 2024/825 s’applique, et son principe est simple : toute affirmation environnementale doit être prouvée. Les formules comme « respectueux de la nature » ou « favorable à la biodiversité » sont interdites sans démonstration. Il en va de même pour les labels « maison » non certifiés par un tiers, et pour les impacts présentés comme « neutres » parce qu’on a compensé ailleurs.
Et la France ?
Elle a depuis longtemps mis en place des outils en faveur de la biodiversité, mais elle n’a pas d’avance. La séquence « éviter, réduire, compenser » existe depuis près de cinquante ans, et ce qui a réellement été réalisé reste mal documenté : les mesures promises sont rarement suivies dans le temps, et leurs résultats encore moins connus. Les dispositifs récents, comme les sites de restauration agréés par l’État ou les projets pilotes de crédits nature, restent encore marginaux : la compensation se fait surtout au cas par cas, projet par projet. Quant aux France Crédits Biodiversité, lancés en mai 2026, ils n’auront de valeur que s’ils comblent ce manque : prouver, action par action, ce qui a été fait sur le terrain.
C’est la raison d’être du Registre Vert :
Inscrire chaque action, datée et rattachée à son terrain. Ce qui pouvait passer pour une bonne pratique, réaliser vraiment ses actions, devient une obligation dès qu’il s’agit de communiquer sur ses engagements.
« Des engagements clairs, objectifs, accessibles au public et vérifiables »
Références
- Directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 (« transition verte » des consommateurs)
- Règlement (UE) 2024/1991 relatif à la restauration de la nature
- Commission européenne, Feuille de route vers les crédits nature, COM(2025) 374
- Loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte
- UICN, note sur les crédits nature (2026
- CGDD-DGALN (H. Gaubert, J. Hardelin, A. Voia), France Crédits Biodiversité — Le premier dispositif national de crédits biodiversité, ministère de la Transition écologique, juin 2026
- CGEDD n° 013246-01 / CGAAER n° 20013, Compensations environnementale, forestière et collective agricole : évaluation et mise en cohérence, 16 mars 2021